L’incitation à la haine de Jan Jambon doit être condamnée

Le 16 avril 2016, le ministre de l’Intérieur Jan Jambon a indiqué lors d’un entretien accordé au quotidien flamand De Standaard que la politique d’intégration des étrangers en Belgique a échoué, ce qui serait prétendument démontré par le fait qu’«une partie significative de la communauté musulmane a dansé à l’occasion des attentats».

Ainsi, selon une affirmation publique de Jan Jambon, une grande partie des musulmans se réjouit des actes terroristes commis, et ce faisant soutiendrait prétendument les activités terroristes. Or, aucun élément objectif ne permet de généraliser un fait isolé (quelques personnes appréhendées à Bruxelles après les attentats, de surcroit relâchées faute de preuve).

Cette prise de position sans aucun fondement objectif témoigne d’un mépris profond à l’égard de la communauté musulmane. Mettre en avant la supposée croyance à la religion musulmane des personnes appréhendées comme facteur explicatif de leurs actions relève en effet de la seule subjectivité de Jan Jambon. Elle a pour effet d’engendrer et d’attiser des sentiments de haine des non musulmans à l’égard des musulmans.

Jan Jambon ayant maintenu et défendu ses déclarations à plusieurs reprises, notamment lors de son audition burlesque devant la Commission de l’Intérieur du Parlement fédéral, le Conseil d’Administration du MRAX a pris la décision d’engager les trois actions suivantes :

  • Le MRAX déposera une Plainte entre les mains du Procureur du Roi à l’encontre de Jan Jambon sur base des Articles 443-444 du code pénal – Calomnie et diffamation avec la circonstance aggravante visée à l’article 453 bis lorsque le mobile du délit est la haine, le mépris, ou l’hostilité à l’égard d’une personne en raison de sa conviction religieuse et de l’Article 22 de la loi du 10 mai 2007 tendant à lutter contre certaines formes de discrimination – Incitation à la haine ou à la violence à l’égard d’un groupe, d’une communauté ou de leurs membres, en raison de ses convictions religieuses ;
  • Le MRAX soutiendra l’action citoyenne du 6 mai invitant à – collectivement – déposer des plaintes individuelles dans les mains du Procureur du Roi ;
  • Le MRAX fera de nouveau rapport au Commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe, M. Nils Muižnieks qui nous a déjà dit partager notre « préoccupation face à la montée des propos intolérants et du discours de haine » en Belgique et en Europe.

Enfin, le MRAX examine la possibilité d’engager d’autres pistes d’actions – notamment juridique – avec diverses partenaires associatifs.

Carlos Crespo – Président du MRAX