L’extrême-droite dans le Gouvernement autrichien, le MRAX exige des mesures concrètes du Gouvernement fédéral

Le 18 décembre est la date choisie par l’ONU pour célébrer chaque année la Journée internationale des migrants. Pour l’organisation bâtie sur les ruines du génocide nazi, la « Journée internationale des migrants est l’occasion de dissiper les préjugés et de sensibiliser l’opinion à leurs contributions dans les domaines économique, culturel et social, au profit tant de leur pays d’origine que de leur pays de destination. ».

Or aujourd’hui en 2017 notre actualité est marquée par le retour au pouvoir d’un parti d’extrême-droite au coeur de l’Europe. Le FPÖ entre en force dans le Gouvernement autrichien grâce à une  coalition avec le parti d’un jeune nouveau Premier Ministre qui, lui-même, ne doit la progression fulgurante de sa courte carrière politique qu’à sa capacité de manipulation sur les thématiques xénophobes liées aux migrations, comme l’ont également très bien compris nos Secrétaires d’Etat à l’asile et à la migration successifs en Belgique.

A bon entendeur, nous mettons de nouveau fermement en garde sur le fait que l’exclusion et le rejet, malgré les démonstrations répétées de tout leur potentiel populiste, ne sont pas des projets de société.

L’Europe doit admettre le caractère intolérable des idées d’extrême-droite. Les droits acquis par les femmes, les migrants, les LGBT, les syndicalistes, les minorités, les handicapés, les chômeurs… seront toujours en danger tant que des partis d’extrême-droite pourront présenter leurs idées antidémocratiques comme étant acceptables.

Les sociétés et les régimes qui par le passé ont porté de tels projets racistes basés sur le rejet et l’exclusion n’ont connu finalement au mieux que l’effondrement de leurs institutions et au pire la guerre, les massacres et les génocides.

L’extrême-droite a déjà démontré sa capacité de nuisance et de destruction lorsqu’elle exerce le pouvoir, non pas tels des effets indésirables de ses politiques, mais comme objet central de ses politiques.

Le MRAX est la plus ancienne organisation antiraciste en Belgique, née il y a plus de 60 ans sur les ruines du génocide nazi à l’initiative de Juifs résistants communistes. A ce titre, le résultat des élections en Autriche et l’attitude passive, voire béate, des dirigeant-e-s européen-ne-s face à cet évènement nous interpellent et nous inquiètent fortement. Nous répétons encore et toujours « Plus jamais ça ! ».

A l’image des réactions qui s’étaient faites à travers l’Europe en 2000 lors d’une victoire déjà du FPÖ en Autriche, nous appelons notre Gouvernement fédéral – et les Gouvernements des entités fédérées – ainsi que l’ensemble des Gouvernements démocratiques européens à réagir à cette montée de l’extrême-droite au pouvoir en Autriche.

Condamnation, isolement, boycott, rappel d’ambassadeur… toute réaction d’indignation démocratique – à l’image de celle de notre Ministre des Affaires étrangères en 2000, M. Louis Michel – est nécessaire et légitime pour briser ce processus de banalisation de l’extrême-droite. Nous ne saurions tolérer que des Ministres autrichiens d’extrême-droite président des réunions de Ministres européens lorsque l’Autriche exercera la Présidence tournante du Conseil de l’Union Européenne dans un an.

Au-delà, nous devons aller plus loin que la seule dénonciation des partis ayant fait du racisme un projet de société. Le MRAX appelle depuis toujours à la dénonciation des idées d’extrême-droite, fussent-elles énoncées sous un vernis démocratique qui ne trompe que ceux et celles qui le veulent bien. Car c’est bien la porosité du cordon sanitaire contre les idées d’extrême-droite qui, stimulant un climat xénophobe dans nos sociétés, ont rendu totalement inefficace le cordon sanitaire contre les partis d’extrême-droite en Europe.

Nous exigeons de notre Gouvernement une condamnation ferme et des mesures concrètes.

Le MRAX