Être femme et être migrante, une double raison de commémorer la journée internationale des droits des femmes

Publié par Kouablan Francine Esther le

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Nos services ont récemment pris connaissance du cas d’une jeune mère afghane ayant tenté de se suicider. La Belgique venait de lui refuser sa demande d’asile. Au MRAX, nous ne pouvons nous empêcher de relier cet évènement à la Journée internationale des droits des femmes.

Le 8 mars est devenu au fil des ans une tradition dans de nombreux pays du globe. Il est intéressant de rappeler que l’origine de cette journée s’ancre dans les luttes ouvrières et les revendications sociales du début du XXe siècle. A l’époque, les femmes s’organisent et manifestent pour des droits garantis et protégés, pour l’égalité.

Aujourd’hui, on commémore le combat de ces militantes. On en profite pour dresser un bilan. En 2018, on ne peut pas dresser ce constat sans souligner l’effort de solidarité internationale que devrait porter cette date commémorative. Car lutter pour les droits de la femme actuellement, c’est aussi considérer les luttes menées par toutes celles qui, dans l’exil, doivent redoubler d’effort pour faire entendre leur voix et faire valoir leurs droits.

Quand on est une femme migrante, les violences que l’on subit sont plus acceptables, moins condamnables, quasi invisibles aux yeux des institutions qui associent plus facilement le statut de « coupable » que de « victime » à ces femmes. Quand on est une femme migrante, demandeuse d’asile qui plus est, on est plus exposé aux dangers, aux viols, à la pauvreté, aux traitements inhumains, à la traite, aux conditions de travail précaire. Pourtant, dans ses rapports, le Commissariat Général aux Réfugiés et aux Apatrides ne consacre pas un seul chapitre à la situation des femmes alors que l’on sait pertinemment que dans certains pays, les femmes sont des millions à se faire violer. Comment ne pas reconnaitre cette vulnérabilité accrue dans le traitement des demandes d’asile ?

Renouer avec la dynamique de changement de cette journée internationale, c’est refuser de hiérarchiser la dignité humaine en fonction du statut de séjour, de la nationalité ou de la couleur de peau. On ne peut continuer à prétendre lutter pour l’égalité des sexes tout en légitimant le traitement discriminatoire que certaines femmes migrantes subissent.

Les luttes pour les droits des femmes sont diverses et chaque fois que l’une d’entre elles sera négligée ou mise au second plan, c’est un pas en arrière sur le chemin de l’égalité. Nos institutions doivent prendre en considération le genre dans toutes les politiques migratoires, et surtout dans la politique d’asile.