Communiqué de presse – En souvenir de la Volksunie, la NVA refuse des pavés de la mémoire à Anvers

Le 27 janvier, nous commémorons l’anniversaire de la libération du camp d’extermination nazi d’Auschwitz par l’armée rouge.

Quasiment au même moment, Bart De Wever, bourgmestre d’Anvers, refuse de faire droit à la demande d’Evelyn Fine, une juive américaine, d’apposer des pavés de mémoire en souvenir de sa famille raflée à Anvers.

Ce refus est choquant pour le MRAX, qui a participé à l’inauguration des pavés de la mémoire à Schaerbeek et Saint-Josse-ten-Noode en 2016. Le souvenir des horreurs du passé doit nous guider pour lutter contre le risque de voir le fascisme resurgir.

Nous devons aussi nous questionner sur les raisons profondes du refus du bourgmestre d’Anvers.

Les motifs de ce refus s’expliquent aisément par le passé de collaboration du mouvement nationaliste flamand.De nombreux cadres de l’actuel NVA viennent de la Volksunie et de familles de collaborateurs.

Marnix Beyen, chargé de cours en sciences politiques à l’Université d’Anvers, a étudié l’histoire de la NVA et a publié à ce sujet : « La N-VA est issue de la Volksunie nationaliste flamande. […] Il y a des similitudes avec le Vlaams Belang, qui a été également fondée par d’anciens membres de la Volksunie. […] Les partis sont issus de la même sousculture nationaliste. […] La majeure partie des cadres du parti N-VA a le même arbre généalogique qui remonte à la collaboration flamande. […] De Wever ne reniera jamais le passé afin de ne pas s’aliéner de certains groupes. »

De Wever a lui-même admis en 1997: « Avec le fédéralisme, la demande d’amnistie figurait tout en haut du programme de la Volksunie. Une recherche concernant la province du Limbourg et l’arrondissement anversois a démontré que jusqu’aux élections de 1965, plus que la moitié des représentants de la Volksunie à la Chambre étaient issus de familles qui, d’une façon ou d’une autre, ont eu affaire à la répression. Sans aucun doute, la Volksunie était donc un parti, soutenu par les « noirs » et la demande d’amnistie figurait tout en haut de la liste d’exigences parmi ses adeptes. »

Dix ans plus tard en mai 2007, alors que le conseil communal d’Anvers avait proposé de présenter des excuses pour la contribution excessive du conseil à la persécution de Juifs, De Wever avait répondu que ce n’était pas nécessaire. Il trouvait les excuses « gratuites »

Des élus Vlaams Belang, ensuite passé à la NVA, ont été jusqu’à déposer une proposition de loi pour amnistier les anciens collaborateurs. Cette proposition commence comme ceci : « La répression des faits de collaboration, prétendus ou non, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale constitue une des pages les plus sombres de l’histoire de l’État belge. »

Selon Jurgen Ceder et co, la page la plus sombre de notre histoire n’est pas la collaboration avec l’occupant et les 28 convois de déportation au départ de la caserne Dossin qui ont  tué 24 9061 juifs et 351 Tsiganes à Auschwitz. La page la plus sombre, c’est les sanctions infligées – après guerre – aux nazis et à leurs alliés.

Il est vrai que les prédécesseurs du bourgmestre actuel n’ont pas non plus en leur temps pris attitude en la matière mais il y a plus que jamais urgence aujourd’hui pour le travail de mémoire à l’heure ou la Pologne vient de se doter d’une législation ouvertement révisionniste.

Le problème ne vient pas uniquement du passé historique fasciste de la NVA, mais avant tout du fait que ce passé n’a jamais été ni renié, ni regretté. L’oublier c’est risquer de revivre ce passé et de voir le fascisme considéré comme une idéologie acceptable.