SACR 2017 – La violence des identités assignées

Publié par Kouablan Francine Esther le

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Non, les races humaines n’existent pas. Mais la société a bien créé l’idée des « races ». De nombreuses personnes sont en effet systématiquement appréhendées à travers leur prétendue appartenance à un groupe racial, nous parlons de personnes racisées.

Ces groupes sont des constructions sociales, culturelles, politiques et économiques

Des critères objectifs liés aux caractéristiques physiques et/ou culturelles des personnes sont choisies et présentées comme significatives quant à ce que seraient fondamentalement ces personnes. Celles-ci se voient donc assignées une identité.

Une couleur de peau, une langue, une situation administrative ou une origine ethnique seront le déterminant essentiel à partir duquel une personne sera identifiée et définie. Apparaissent alors les « noirs », les « arabes », les « juifs »,  les « roms », les « asiatiques », les « musulmans », les « étrangers »… comme des groupes homogènes à l’intérieur desquels l’individu n’existe qu’à travers le prisme de cette identité de groupe qui lui a été collée, assignée.

L’assignation identitaire, pourquoi ?

Diviser et catégoriser les populations humaines sur base de critères arbitrairement choisis (la couleur de peau, la religion, l’origine ethnique, la langue…) est une première étape d’un processus de racialisation, de création sociale des races, qui entraîne de facto une  seconde étape consistant en l’instauration d’une sélection raciale s’appuyant sur une hiérarchisation symbolique, voire légale, des individus selon leur catégorisation raciale.

Ce processus de racialisation poursuit un objectif clair : la distribution inégale du pouvoir et des ressources entre les personnes. On catégorise, on hiérarchise….et enfin on domine. En un mot, le racisme.

De même que la race, le genre et la classe sociale, comme moyens d’enfermement identitaire, sont également des créations culturelles, sociales et politiques structurées par et pour des rapports de pouvoir. La catégorie « femme », par exemple, renvoie à un statut social différent et subalterne rendu légitime et naturel dans une société patriarcale. Exclusion, discrimination et exploitation des groupes dominés deviennent les conséquences logiques de cette assignation identitaire.

En enfermant l’individu dans une identité unique et figée, le processus d’assignation identitaire transforme les différences en une logique « nous/eux ». Apparait alors la figure de cet « Autre », menaçant et méritant un traitement particulier.

Nous portons un projet de société. Nous luttons pour une justice sociale où, d’une part, chacun jouit d’un plein respect de sa dignité dans ce qu’il souhaite être et où, d’autre part, chacun jouit d’une pleine égalité de droits dans son accès aux biens, aux ressources et aux positions sociales.