Les intellectuels sont les fonctionnaires des superstructures politiques, culturelles et sociales. Par leur action ils permettent à la société politique dassurer « légalement » et « loyalement » la discipline des groupes subalternes; dans notre cas les colonisés ou les post-colonisés. Dans cette perspective, ils aident à l’organisation de la société civile, par la production du « consensus » de la majorité aux formes de vie, aux modes de comportement, de pensée et aux pratiques institutionnelles imposées par le groupe dominant, pour nous les colonisateurs, comme autant de forme de direction. Lintellectuel a donc une fonction éminemment politique et idéologico-culturelle.

L’intellectuel peut aussi avoir un rôle « subversif » en décidant de devenir un intellectuel organique dune fraction dominée de la société. Il devient dès lors un grain de sable dans l’hégémonie construite par le bloc historique dominant. Dans cette perspective, les intellectuels participeront à la production dun nouveau bloc historique par la mise en crise, sur le plan politique et idéologico-culturel, du rapport de domination entre dominant et dominé; entre colonisateur et colonisé. La production de ce nouveau bloc historique passe par le refus des colonisés et des post-colonisés, et notamment des « intellectuels » parmi ceux-ci, de lacceptation passive de leur subalternité.

Si l’on suit Gramsci, il faut d’abord distiller les idées progressistes, travailler aux marges et dans les interstices, réaliser un travail de « termite » pour ronger progressivement toutes les bases de la société capitaliste traditionnelle. L’objectif est celui de combattre les intellectuels de la classe dominante. Une tâche que Gramsci confiait aux intellectuels au sens large (ceux qui manipulent des idées), du moins ceux qui sont organiquement lié aux travailleurs. Il faut pour ce faire percer dans les médias de masse, envahir le langage courant, ou encore imposer ses thèmes et ses concepts dans le débat universitaire et public.

Sur base de ces quelques réflexions, le MRAX a lancé en 2017 un Groupe de Travail en Education Permanente qui se fixe humblement la poursuite progressive des quatre objectifs suivants :

  1. Renforcer et soutenir la ligne de front antiraciste
  2. Développer le contre-projet – Production d’un nouveau bloc historique
  3. Développer les contacts avec les masses
  4. Contribuer à la réaction face aux foyers de production idéologique raciste

Vous êtes intéressé-e-s par ce Groupe de Travail ? Veuillez contacter vincent.cornil@mrax.be