La colonisation, c’est du racisme

Un débat secoue la Flandre à propos du nom de certaines de ses rues. Celles-ci portent en effet le nom d’anciens collaborateurs nazis ou encore de Léopold II. Une revendication se fait entendre sur la nécessité d’ouvrir une réflexion sur la signification de ces noms de rue et sur la nécessité de les rebaptiser.

Depuis plusieurs années, le MRAX milite pour qu’une telle action sur le nom des rues à Bruxelles et en Wallonie soit également menée.

Est-il acceptable d’avoir au centre de Bruxelles une « Rue des Colonies » ? Alors que plus personne ne nie aujourd’hui que la colonisation, en plus d’être une entreprise intrinsèquement raciste, s’est accompagnée de crimes contre l’Humanité, comment assumer un  tel nom de rue ?

Doit-on garder des boulevards et avenues Léopold II – et toutes les statues qui les accompagnent dans nos Villes – malgré les crimes commis et dénoncés  à l’époque déjà durant la longue période de son exploitation personnelle du Congo ?

Inversement, pourquoi n’a-t-on pas de « Rue Nelson Mandela » à Bruxelles, de « Boulevard Angela Davis » ou d’ « Avenue Martin Luther King » alors que la contribution de ces grands noms à la défense et au développement des idées d’Égalité et de Liberté est reconnue mondialement ?

Au 21ème siècle, une « Rue de la décolonisation » serait plus pertinente et significative au sein de la capitale de l’Europe. Sans pour autant nous leurrer quant à l’impact limité qu’aura une telle initiative sur le vécu quotidien des personnes frappées aujourd’hui encore par la persistance d’un rapport colonial au sein de nos sociétés.

Le MRAX souhaite stimuler le débat. Dans une société qui se prétend antiraciste, des noms de rue antiracistes sont un message fort… les noms de rue glorifiant une entreprise raciste en sont un autre tout aussi fort.

Le MRAX invite la population à identifier tous les lieux, rues et monuments qui, à travers la Belgique, célèbrent la colonisation belge ou son instigateur, le Roi Léopold II, à les recenser à l’aide d’une photo et d’une adresse, et à nous les communiquer par mail à l’adresse asiye.zorsu@mrax.be accompagnés de propositions de noms alternatifs.

Un dossier recensant tous ces lieux sera constitué ensuite sous forme de plaidoyer et porté devant chacune des autorités compétentes.

Le Groupe de Travail Décolonisation du MRAX