Communiqué de presse : Welcome to the Jungle ou la persistance des représentations racistes tirées de l’imaginaire colonial

Le 26 juin s’est tenue sur la place Saint-Géry à Bruxelles, la 2ème édition de l’Event Street. Intitulée    « Welcome to the Jungle », cette seconde initiative vise à faire découvrir au plus grand nombre la créativité du secteur de l’événementiel des plus grandes agences événementielles de Belgique.

Nombre de personnes présentes sur place à cette occasion ont interpellé notre service juridique dénonçant les représentations racistes et humiliantes de l’homme noir, et du continent africain de manière générale, mises en scène par les organisateurs de l’évènement (femmes accoutrées de l’uniforme et du casque colonial, homme noir déguisé avec pagne, arc-à-flèche et os dans le nez, homme grimé en noir se mouvant tel un animal…).

Le site internet et la page Facebook consacrés à l’évènement confirment bien les témoignages des participants puisqu’à nouveau nous pouvons y découvrir les photos de ces mises en scènes, publiées et donc tout à fait assumées par l’Expert Center Event Marketing de l’ACC Belgium qui est à l’origine de l’Event Street.

Ce n’est pas la première fois que le MRAX, et bien d’autres organisations, sont appelés à dénoncer ces représentations tirées de l’imaginaire colonial. En 2017 en Belgique, l’homme noir continue d’être encore trop souvent associé à l’indigène sauvage, nu et sale que l’homme blanc, propre et bien habillé, doit civiliser.

Si certains y voient de l’humour et de l’exotisme, il est bon de leur rappeler que d’autres voyaient exactement la même chose dans un passé pas si lointain lorsqu’ils visitaient les zoos humains dans lesquels étaient exposés des hommes, femmes et enfants noirs pour le plaisir et l’amusement des visiteurs qui leur jetaient des bananes et imitaient les cris des singes.

Il existe des moyens éthiques et responsables pour divertir la galerie et faire le buzz. Surtout lorsque l’on sait que la population subsaharienne est aujourd’hui l’une des communautés les plus discriminées. Qu’il s’agisse du logement, du travail, de l’enseignement ou des services, les afrodescendant-e-s continuent de subir au quotidien les conséquences de ce dénigrement banalisé dans notre société.

Les plus grandes agences de communications derrière cet évènement ne sont pas sans savoir l’impact des images et du langage visuel sur l’inconscient collectif. Nous interrogeons également le soutien de la Ville de Bruxelles à cette édition qui promeut la créativité à travers des stéréotypes racistes et insultants.

Si les organisateurs espéraient « faire voyager » les participants, qu’ils sachent qu’ils n’ont fait que les enfermer dans des représentations erronées et avilissantes du monde africain.

 

Carlos Crespo, Président du MRAX