Appel à la mobilisation : Plainte collective contre le Vlaams Belang

Par le présent appel, le MRAX entend interpeller les antiracistes, les démocrates et les progressistes de ce pays à deux niveaux. Tout d’abord, au niveau politique. Cela fait des années que le MRAX, à travers ses communiqués et ses prises de positions publiques, dénonce la libération de la parole raciste. Celle-ci amène tout naturellement à la libération de l’acte raciste. Cette dernière année, différentes agressions, dont certaines furent particulièrement violentes, ont d’ailleurs défrayé la chronique. Si la parole raciste peut être relayée par n’importe qui, guidée par ses peurs et ses préjugés, elle ne peut être amplifiée que par des individus ayant un accès récurrent aux médias. Ainsi des cadors de la N-VA comme Bart De Wever, Jan Jambon ou Theo Francken ont régulièrement pris à partis différentes minorités comme les berbères, les musulmans ou les réfugiés (sans oublier les groupes discriminés en regard d’autres motifs). De ce fait, la parole raciste s’est encore plus propagée du café du commerce à la rue de la loi (et vice-versa). La N-VA a même poussé la surenchère jusqu’à faire tomber avec fracas le gouvernement fédéral sur la question du pacte migratoire des Nations Unies. Durant cette législature, la droite extrême de la N-VA n’a eu de cesse de paver la voie triomphale de l’extrême-droite du Vlaams Belang. Le plus inquiétant est que tout le monde ne semble pas avoir tiré les leçons de cette funeste séquence. En effet, certains ne ferment pas la porte à une nouvelle aventure de la N-VA au gouvernement avec une prévisible surenchère continue aux côtés d’un Vlaams Belang fortifié par son statut de grand parti d’opposition.

Ensuite, au niveau juridique. La question du racisme du Vlaams Belang pourtant assumé par une figure de proue comme Filip De Winter ne semble pas si évidente pour certains acteurs qui sont rassurés ou feignent d’être rassurés par la figure de Tom Van Grieken, sorte de gendre idéal aux allures lissées. Il serait presque l’incarnation d’un extrémisme de droite « à visage humain ». Cette manière de voir est une offense à la vérité et à la mémoire de ceux et celles qui, à l’instar des fondateurs du MRAX, ont lutté contre le fascisme. Le Vlaams Belang doit être combattu par tous les moyens nécessaires. La prudence tactique de Van Grieken, inspiré de celle d’une Marine Le Pen qui l’a ouvertement soutenu, ne doit aucunement tromper les démocrates et les progressistes. Les armes juridiques doivent être mobilisées notamment contre les paroles et les actes de Filip De Winter et de Dries Van Langhevove, désormais député et toujours à la tête de la milice néo-fasciste « Schild en Vrienden ».

Le MRAX lance dès lors un appel à la mobilisation pour contrer la montée en puissance du Vlaams Belang. D’une part, il est essentiel d’isoler politiquement le Vlaams Belang et ceux qui comme la N-VA entendent les rendre fréquentables voire les associer au pouvoir. Il s’agit d’un enjeu majeur pour la sauvegarde des valeurs démocratiques et des libertés constitutionnelles de ce pays. D’autre part, le MRAX a décidé d’utiliser d’ores et déjà les moyens juridiques existants pour poursuivre Filip De Winter, Dries Van Langhevove et les responsables de Schild en Vrienden pour leurs actes et leurs paroles racistes. Un travail d’analyse des perspectives juridiques d’une action contre ces individus a été élaboré par les juristes du MRAX ; ses conclusions ont abouti à notre décision de saisir la justice. Nous proposons de surcroit aux associations et aux démocrates soucieux de faire appliquer la législation antiraciste de se joindre à une plainte collective. Il est tant que la démocratie se donne les moyens de se défendre contre ses ennemis. Si un soutien, qui peut prendre diverses formes, à cette plainte collective vous intéresse, n’hésitez pas à contacter nos services* dans les plus brefs délais.

Carlos Crepo, président du MRAX

 

*Vous souhaitez nous rejoindre sur cette action ? Contactez nous par mail à l’adresse juridique@mrax.be