27/11 – Matinée d’échanges sur la lutte des femmes migrantes victimes de violences conjugales

E.S.P.E.R contre la double violence 

Le 27 novembre prochain, la plateforme ESPER organise une matinée d’échanges et de réflexions autour de la  question de la « double violence » faite aux  migrant-e-s victimes de violences conjugales ou intrafamiliales. Cette matinée a pour objectif de sensibiliser et d’informer tous les acteurs touchés de près ou de loin par cette problématique, de leur permettre d’échanger sur leurs pratiques de terrain, de réfléchir à des pistes d’actions concrètes et de stimuler la collaboration entre eux. La plateforme diffusera également à cette occasion un dépliant d’information à destination des victimes traduit en plusieurs langues.

Les thèmes abordés lors des ateliers concerneront les principaux obstacles qui empêchent les migrant-e-s victimes de violences conjugales d’accéder à la protection prévue par la loi. 

Plus d’infos sur les ateliers et inscriptions: https://docs.google.com/forms/d/1ezGlEfvIApa-x0ooj_JXLzCiL6KWT7L2o4NBJAUJ_FM/viewform


affiche20151109web

La législation belge prévoit des clauses de protection pour les victimes de violences conjugales qui permettent aux migrant(e)s venu(e)s par regroupement familial et qui sont victimes de violences conjugales et/ou intrafamiliales de demander le maintien de leur titre de séjour.

Mais sur le terrain, nous constatons que les victimes migrantes, principalement des femmes, sont confrontées à des difficultés supplémentaires qui les empêchent souvent d’avoir accès à cette protection : isolement (absence de réseau familial ou social en Belgique), dépendance administrative à l’égard du conjoint (titre de séjour dépendant de la vie commune), connaissance parfois faible de la langue et des institutions, peur de s’adresser aux autorités, contexte actuel de suspicion à l’égard des migrants, …

Or, des différences de traitement dans la lutte contre les violences faites aux femmes selon la nationalité ou la situation administrative des personnes ne sont pas acceptables dans un Etat de droit. Le besoin de protection des personnes migrantes victimes de violences conjugales doit passer avant leur statut de migrant-e. Pour ce faire, il est indispensable que ces personnes aient connaissance de leurs droits et des instruments de lutte contre les violences qui existent en Belgique et que les différents acteurs qu’elles rencontrent soient informés et armés pour les aider au mieux.

ESPER?

En 2012, le CIRÉ et le Centre de prévention des violences conjugales et familiales ont accompagné de nombreuses femmes dans leurs démarches administratives afin de les aider à sortir de la situation de « double violence » dans laquelle elles se trouvaient. Ces femmes ont commencé à se réunir régulièrement  au sein d’un groupe, ESPER (Epouses Sans Papiers en Résistance) et ont mené pendant plusieurs mois différentes actions de lobbying et de sensibilisation.

Aujourd’hui et depuis plus d’un an, une plateforme associative de soutien au groupe ESPER poursuit ce travail de sensibilisation et de développement d’outils autour de cette thématique. Cette plateforme se compose actuellement du MRAX, d’AWSA-Be, du Centre de prévention des violences conjugales et familiales, du CIRÉ et d’une chercheuse du GERME-ULB. D’autres acteurs sont régulièrement invités à rejoindre la plateforme (centres d’hébergement, plannings familiaux, associations, …).